21avril2018

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Benin

Bénin

Epidémiologie du choléra dans le pays

Le choléra est apparu pour la première fois au Bénin en 1970. Depuis 1990, des épidémies importantes ont été enregistrées en 1991, 1996 et 2001. La tendance générale montre une diminution annuelle du nombre de cas.

 

Entre 2004 et 2016, la surveillance épidémiologique a notifié 7 180 cas avec 75 décès, soit un taux de létalité de 1,04 %.

Des épidémies majeures ont été enregistrées dans les quatre départements côtiers : Littoral, Atlantique, Ouémé et Mono.

Une étude menée en 2014 (Lire : Integrated approach to understand the dynamics of cholera epidemics in Ghana, Togo and Benin (2015)) a rassemblé une équipe pluridisciplinaire de médecins chercheurs en microbiologie et de professionnels du secteur EHA (Eau, Hygiène et Assainissement) avec pour objectif de caractériser les dynamiques épidémiologiques (notamment au Bénin) et ainsi proposer des plans d’actions spécifiques. 412 échantillons de V. cholerae O1 isolés dans les épidémies récentes au Ghana, RDC, Zambie, Guinée et Togo ont ainsi été caractérisés par biologie moléculaire. Ceci a permis de mettre en évidence que les souches du Ghana constituent avec celles du Togo et de Guinée un groupe Afrique de l’Ouest bien distinct de celui d’Afrique centrale.

Benin grapPar ailleurs, depuis que le choléra a été importé en Afrique de l’Ouest, des cas ont été rapportés chaque année, et la fréquence des flambées est restée relativement stable au Bénin même si l’incidence a quant à elle diminué. En analysant les données épidémiologiques de 2011 à 2014, le Bénin est apparu comme fortement vulnérable à l’importation de cas en provenance du Nigeria, l’un des pays les plus affectées par les épidémies de choléra en Afrique de l’Ouest. L’intensité des échanges entre le Benin et le Nigeria, par voies maritime et terrestres, expliquent comment de nombreuses communautés sont régulièrement affectées et confirment les points d’entrée. En effet, il apparait que les flambées ont démarré pour la plupart le long du lac Nokoué et le long de la route frontalière depuis Kraké : tous deux lieux d’échanges avec le Nigeria. Le lac Nokoué est un lieu de contrebande de carburant important avec le Nigéria qui concerne les communautés de pêcheurs vivant également dans des conditions à risque vis à vis du choléra. Et l’axe routier, quant à lui, constitue une zone de passage et d’intenses activités économiques où les structures d’assainissement sont quasi inexistantes et l’accès à l’eau fortement dégradé.

L’analyse spécifique des villages de So Ava, Semé Kpodji ainsi que de certains quartiers de Cotonou a été faite en considérant non seulement l’accès aux infrastructures d’eau et d’assainissement, les conditions d’hygiène mais également en caractérisant les dynamiques socio-économiques existantes. Plusieurs recommandations détaillées ont ainsi été rédigées sur la base de ces constats et ont porté sur i) la révision du plan stratégique de lutte contre le choléra, ii) la formalisation des échanges transfrontaliers ainsi que iii) le développement d’actions concrètes dans le domaine EHA pour réduire la vulnérabilité au choléra en adéquation avec les plans communaux Eau, hygiène et assainissement existants.

Cadre stratrégique:

Collaboration transfrontalière :

Enfin pour mettre en lien l’épidémiologie du choléra au Bénin, n’oublions pas que le Bénin est touché par des épidémies transfrontalières, en particulier le long du Golfe de Guinée, en lien avec les pays frontaliers du Nigeria, Ghana et Togo. Retrouvez en cliquant sur les liens pays les pages correspondantes pour continuer.

Aussi vous retrouverez ici le travail mené afin de renforcer la collaboration transfrontalière dans la prévention et contrôle choléra fait au niveau du Golfe de Guinée.